L’automobile dans les années 60 épisode 4

L’année 1969 est riche en rebondissements. De Gaulle quitte la présidence de la république, le concorde fait son premier vol, les français accèdent à la 4ème semaine de congés pour profiter de partir faire du camping et Renault inaugure la R12.

Renault 12 : fiez-vous à son apparence

La Renault 12 est commercialisée en septembre 1969 en deux versions L et TL. Cette dernière a des accoudoirs de portes, des sièges avant séparés inclinables avec une accoudoir central, un miroir de courtoisie et l’éclairage dans le coffre. La Renault 12 dispose d’une calandre en plastique. L’accent est mis sur la robustesse à toute épreuve par une simplicité des éléments la composant. Il faut assurer un coût d’entretien le plus faible possible et un prix attractif par rapport à la concurrence.

La Renault 12 a une structure élaborée au niveau de la sécurité (chocs avant, arrière et latéraux). Elle est dotée d’un moteur Cléon-fonte de 1289 cm3. Plus de 4 millions d’exemplaires sont fabriqués dans différents pays : France, Espagne, Argentine, Roumanie et Turquie. 

Plus tard, la Renault 12 est déclinée dans une version Gordini. Engagée dans les compétitions, elle bat des records et remporte des rallyes. 

La Citroën AMI 8, la remplaçante de l’AMI 6

En 1968, Pierre Bercot, patron de Citroën, confie à Robert Opron de concevoir la remplaçante de l’AMI 6. Lors du Salon automobile de Genève le 11 mars 1969, la Citroën AMi 8 est présentée au public. Elle reprend en grande partie les éléments de son aînée. Sa ligne est plus classique avec l’avant et l’arrière redessiné. L’AMI 8 est disponible en deux versions : confort et break. Elle bénéficie d’une vitre arrière inversée mais pas d’un hayon. 

L’AMI 8 est dotée d’un moteur de 602 cm3 avec un carburateur à double corps. Plus tard, elle dispose de freins à disque. Sa vitesse maximale est de 123 km/h pour la berline et de 120 km/h pour la break.

L’AMI Super est disponible en 1973. Elle est équipée du moteur de la première GS et la boîte de vitesses de la GS 1220 cm3 avec le levier de commande au plancher. Elle se dote de freins à disque à l’avant et les tambours à l’arrière sont d’un diamètre supérieur à ceux de l’AMI 8. L’aménagement intérieur est aussi repensé avec un volant plus épais orné des chevrons de la marque et de couleur havane tout comme le tableu de bord. La console centrale est habillée avec un gainage en simili. L’AMI Super se distingue de l’AMI 8 par sa face avant comportant six prises d’air rectangulaires surmontée d’une calandre traversée par une barrette horizontale incorporant les chevrons. Sur le hayon arrière, le monogramme AMI Super est apposé. 

Lors de sa présentation, Citroën pense que ce sera la dernière AMI. Citroën remplace l’AMI 8 en 1976 par la LN puis par la VISA en 1978. La production de l’AMI 8 est définitivement arrêtée en 1978.

La Peugeot 304, une routière confortable et rapide

La Peugeot 304 est présentée au public en octobre 1969 avec un moteur XL3 de 1288 cm3 développant 65 ch DIN, elle atteint les 150 km/h. Elle reprend les mêmes codes stylistiques que son aînée notamment au niveau de la face avant et de ses phares au regard de Sophia Loren. Composé d’une carrosserie tricorps, la 304 peut transporter 5 passagers. La caisse est semblable à celle de la 204 mais comporte à l’arrière une malle de coffre plus importante et de forme carrée. La 304 est allongée de 2 cm à l’avant et de 13 cm à l’arrière par rapport à la 204. 

Elle est dotée de suspensions à 4 roues indépendantes et de freins assistés à disque à l’avant. La 304 prend place parmi les grandes routières avec l’avantage d’un faible encombrement et d’une remarquable maniabilité en ville. 

Cinq modèles de la Peugeot 304 sont disponibles : berline, coupé, cabriolet, break et break utilitaire tôlé. Les pare-chocs à lames en inox massif, insensible à la corrosion sont revêtus de bourrelets en caoutchouc. 

Au fils des ans, la 304 connaît des modifications avec la version S en 1972 et son moteur développant 74,5 ch. Son équipement est aussi amélioré avec un compte-tours en haut à gauche du tableau de bord, des appuis-têtes, des jantes “20 trous” et une calandre noir mat à Lion doré. 

La 304 disparaît de la gamme durant l’été 1979 pour la version berline puis en 1980 pour les versions break et fourgonnette, laissant la place à la 305. 

La Fiat 128, elle vous redonne envie de bouger

La Fiat 128 est commercialisée en Mai 1961 pour remplacer la Fiat 1100. C’est la première voiture de la marque a être équipée de la traction avant, d’un moteur transversal et d’une boîte en ligne. Lors de sa présentation, la FIat 128 est disponible en version 2 portes et 4 portes avec un moteur 4 cylindres de 1116 cm3 développant 55 ch DIN. 

La suspension de la 128 (4 roues indépendantes) est souple sans être molle. Elle digère aussi bien les nids de pilule que le dos d’âne, la voiture ne tangue pas et ne se couche pas dans les virages. 

La Fiat 128 n’a pas d’air conditionné mais dispose tout de même d’un système de climatisation aussi perfectionné que simple à utiliser. Un détail, le ventilateur électrique est placé en dehors de l’habitacle, c’est-à-dire qu’on ne l’entend pas. 

Le coffre à bagage de la FIat 128 a un volume entièrement utilisable de 370 dm3. Son plancher est plat, il est commode d’accès et en cas de crevaison, pas besoin de le vider pour sortir la roue de secours. Celle-ci est logée à l’avant de la voiture dans le compartiment moteur. 

En 1971, une version sportive est commercialisée, la Fiat 128 Rally est équipée d’un moteur de 1290 cm3 développant 67 ch. Puis une version coupé est présentée la même année. Dans les années 70, elle subît plusieurs restylages. Produite jusqu’en 1983 avec au total 4 428 674 exemplaires vendues dans de nombreux pays dont l’Italie, l’Allemagne, l’Argentine, l’Afrique du Sud, l’Espagne, l’Egypte ou encore l’Ex-Yougoslavie.

Pratique, moderne et économique, la Fiat 128 est une voiture enviée.

Le Volkswagen 181, le véhicule tout-terrain de la marque

Le Volkswagen 181 est produit à partir de 1969. La Bundeswehr doit compenser l’arrêt de la production du DKW Auto Union Munga et charge Volkswagen de développer un véhicule polyvalent tout-terrain. Les ingénieurs n’ont pas eu à repartir de zéro puisqu’ils ont déjà conçu le Country Buggy en Australie en 1967. Les techniciens Volkswagen de l’usine d’assemblage de Clayton Victoria sont responsables de ce véhicule plutôt spartiate.

Étonnamment, le cahier des charges n’insiste pas sur les quatre roues motrices. Les ingénieurs peuvent ainsi accéder au gros kit de construction Volkswagen. La plateforme révisée provient de la Karmann Ghia Type 14. Le train avant modifié, le moteur, l’embrayage, la direction et les instruments viennent de la Coccinelle 1500. Du Combi T1 (et non de son successeur le Combi T2) provient la boîte de vitesses, la transmission et l’essieu arrière avec la transmission de roue, ce qui augmente la garde au sol. Un différentiel autobloquant est disponible en option. Avec tous ces éléments, la capacité tout-terrain nécessaire doit également être garantie dans des conditions militaires. 

Quatre freins à tambour, considérés comme plus résistants et nécessitant peu d’entretien en tout-terrain, assurent la décélération nécessaire. Le 181 est recouvert d’une capote en PVC tous temps, le pare-brise peut être rabattu et les portes qui sont équipées de vitres peuvent être retirées. Le cabriolet rustique à quatre portes, qui dispose même d’un chauffage d’appoint, trouve également de nombreux amis en dehors de la  Bundeswehr. Aux Etats-Unis, le 181 est affectueusement surnommée “The Thing” ou “La Chose” en français est devenue culte parmi les surfeurs et les hippies. 

La Volkswagen Porsche 914, une sportive d’entrée de gamme

Dans la seconde moitié des années 60, Porsche et Volkswagen décident de construire ensemble une voiture de sport. Alors que Volkswagen s’efforce d’élargir sa gamme sur le segment de la conduite active, Porsche veut imposer un modèle d’entrée de gamme sur le marché en croissance des voitures de sport abordable.

Après une longue période de développement, une biplace compacte avec un toit Targa, un design simple et à moteur central est présentée en 1969 : la VW Porsche 914. Les éléments du design marquants sont l’empattement long pour la longueur du véhicule, les portes à faux réduits, la partie centrale du pavillon amovible en plastique renforcé par fibre de verre ainsi que le large arceau de sécurité. De plus, la 914 est dotée de phares escamotables.

Au moment de son introduction la 914 est disponible en deux motorisations : 

  • 4 cylindres opposés à plat de 1,7 litres de Volkswagen développant 80 ch
  • 6 cylindres opposés à plat de 2,0 litres de Porsche développant 110 ch

Sur le modèle, 4 cylindres, la serrure de contact se trouve à droite. Les jantes de la 914 sont montées avec quatre écrous de roue. Elle a aussi un coffre à l’avant et à l’arrière. Comme sur la 911, le compte tours est au milieu devant le conducteur. 

La 914 / 4 est produite par Karmann et vendue puis entretenue dans des centres de distribution formés. 

Dans les années 70, l’automobile poursuit ses innovations mais des difficultés apparaissent avec des nouvelles réglementations au niveau de la sécurité et le premier choc pétrolier. 

Crédit photos : Citroën, Renault, Wikimedia commons, Volkswagen, Porsche

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Focus sur les véhicules produits dans les années 60

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