La saga des voitures Renault badgés Gordini

Gordini est une société fondée par Amédée Gordini, spécialisé dans la modification des moteurs et des voitures de courses sur base Simca mais après que l’accord entre Gordini et Simca soit rompu en 1951, Amédée Gordini se rapproche de Renault. La marque Gordini est la propriété de Renault de 1969.

La Dauphine Gordini 1957 – 1967

La saga des voitures Renault badgés Gordini

Après que l’accord entre Gordini et Simca soit rompu en 1951, Amédée Gordini se rapproche de Renault. En 1956, il est présenté à Pierre Dreyfus, le PDG de la Régie Renault au même moment que la présentation de la nouvelle Dauphine à Paris. Le directeur des études de Renault visite les ateliers et le bureau d’étude de Gordini. Séduit par cette visite, Fernand Picard demande à Gordini de commencer des études sur la synchronisation d’une boîte de vitesses de poids lourd et l’ajout d’un quatrième rapport sur la boîte de vitesses de la Dauphine. L’équipe Gordini fait preuve de réactivité et la qualité des études proposée est appréciée par Renault. 

La régie a dans l’idée de développer une version musclée de la Dauphine et confie à Gordini des moteurs de Dauphine. Un accord est signé entre Gordini et Renault en Janvier 1957. Après des mois de développement et d’essais, la nouvelle Dauphine Gordini est présentée au public au Salon automobile de Paris en octobre 1957. 1500 commandes sont prises dès sa présentation. Un nouvel accord est signé entre les deux entreprises. La Dauphine Gordini est produite entièrement par Renault tandis que Gordini est chargée des études pour le constructeur notamment sur les moteurs, les boîtes de vitesses et l’adaptation marine du moteur de la Dauphine Gordini. 

La Dauphine Gordini est commercialisée à partir de 1958 et sa production cesse en décembre 1967 avec 178 223 exemplaires produits.

La Renault 8 Gordini 1964 – 1970 

La Renault 8 Gordini est présentée au Salon automobile de Paris en octobre 1964. Le public découvre une petite berline bleue avec des bandes blanches. Son prix de 11500 francs et ses performances de 170 KM/h et 33 s aux 1000 m départ arrêté sont très attractifs.

Après avoir présenté la Renault 8 en 1962, Renault décide de créer une version sportive de la R8 avec deux critères essentiels : une vitesse max de 155 km/h et un surcoût minimal. Le projet est confié à Gordini et au service compétition de Renault. Côté  moteur,  la  base  de  travail retenue est tout naturellement le futur 1108 cm3 , tandis que le freinage  est renforcé  avec  des  disques  plus  minces  mais  avec  des  plaquettes plus épaisses et une assistance par  hydrovac  et  que  la  suspension  est  globalement raidie et abaissée, avec  à l’arrière quatre amortisseurs. 

Un premier essai comparatif est réalisé à Monthléry en octobre 1963 entre les deux propositions. Une vitesse de pointe de 152 km/h est relevée sur l’anneau de vitesse et un temps équivalent sur le circuit routier. Un mois plus un nouvel essai mesure pour les deux prototypes une vitesse de pointe de 160 km/h. Cependant Gordini propose une R8 avec moteur avec une culasse hémisphérique alimenté  par  deux carburateurs double corps horizontaux est donné pour 87 ch SAE. Mais après des tours d’anneau, ce prototype ne fait pas mieux que les autres jusqu’au moment où Amédée Gordini décide de retirer le capot arrière. La voiture affiche alors les 172 km/h. La température de l’air d’admission était trop élevée. Au vu du potentiel de cette voiture, Renault va la mettre au point et l’industrialiser. La Renault 8 Gordini,  type R 1134 a un moteur spécifique, du type 804-00, de 1108 cm3  70 x 72 mm) donnera 95 ch SAE à 6 500 tr/min. 

Suite au succès de la version 1100 produite à 2 626 unités, apparaît la version 1300 de la Renault 8 Gordini, type R 1135 en octobre 1966. Reconnaissable immédiatement à ses 4 phares, elle reçoit plusieurs améliorations notables : moteur type 812-02, d’une cylindrée de 1255 cm3 (74,5 x  72  mm), développant  110 ch SAE (88 ch DIN) à 6 750 tr/min ; boîte de vitesses à 5 rapports ; réservoir supplémentaire de 26 litres dans le coffre avant. Cette nouvelle version est produite à 8 981. 

La mécanique de la Renault 8 Gordini a été utilisée par de très nombreuses voitures de sport et de  course : berlinettes Alpine A110, 1300 et 1300  S, Matra Jet VS et Jet VI ainsi que chez de nombreux petits  constructeurs comme Jidé, Marcadier, BSH, Sovam etc…  sans oublier les monoplaces de Formule France  comme les Alpine, Martini, Pygmée, Grac, Elina, etc

La Renault 12 Gordini 1970 – 1974

Les 18 et 19 juillet 1970, les propriétaires de voitures Renault badgés Gordini et d’Alpine sont conviés sur le circuit du Castellet. En présence d’Amédée Gordini et de plusieurs pilotes, le rassemblement est l’occasion de présenter la nouvelle Renault 12 Gordini, version sportive de la berline. Véritable “Woodstock” de l’échappement, ce meeting nommé “Jour G” reste dans les annales de la marque au losange, plus de 3000 voitures viennent de toute l’Europe pour assister à la première épreuve automobile disputée sur le Circuit Paul Ricard. Des épreuves de course automobile anime le week-end avec la coupe de Formule France, une coupe Renault 8 Gordini, une course de berlinette Alpine et un match qui oppose la Renault 8 Gordini et la Renault 12 Gordini. 

Mais en sport automobile quand on n’innove plus on disparaît, la petite Renault 8 Gordini ne suffit plus maintenant la Renault 12 Gordini la remplace. 

La Renault 12 Gordini est présentée au Salon automobile de Paris en octobre 1970. Pour  l’alléger au maximum en vue de l’homologation en compétition (groupe 1),  les pare-chocs sont supprimés (disponibles en option), les sièges avant sont  du type tubulaires avec tissus tendu par elastiques tandis que la banquette arrière est réduite à des blocs de mousse  habillés de drap anthracite. Son moteur 4 cylindres de 1565 cm3  (77 x 84 mm), type 807-20, issu de celui de  la Renault 16 TS donnant 83 ch DIN, développe 125 ch SAE (113 ch DIN) à  6 250 tr/min. Avec de tels attributs et des freins à disques ventilés à l’avant, la Renault 12 Gordini est encore plus sûre et plus fiable que la Renault 8 Gordini. 

Fabriquée au total à 5 188 exemplaires, sa production cessera au cours de l’année 1974.

La Renault 17 Gordini 1974 - 1978

Les Renault 15 et 17 sont présentées au Salon automobile de Paris en 1971. La version Renault 17 TS dont le moteur de 1565 cm3 (77 x 84 mm), type 807-12, alimenté par injection et développant 120 ch SAE, est directement issu de celui de la Renault 12 Gordini. La Renault 17 TS est proposée en deux types de carrosserie : coupé (type R 1313) et découvrable (type R 1323). Lancée en Amérique du Nord sous l’appellation Renault 17 Gordini (types R 1313 et R 1323), elle reçoit le moteur type 807-13, à la dépollution renforcée, délivrant 104 ch. Après l’arrêt de la Renault 12 Gordini en octobre 1974, la Renault 17 Gordini est commercialisée. Sans changement de puissance (108 ch DIN à 6 000 tr/ min), son moteur, type 844-12, toujours à injection, évolue légèrement côté cylindrée en passant de 1565 à 1605 cm3 (78 x 84 mm). Simultanément, pour les USA, la voiture disposera d’un moteur de 1647 cm3 (79 x 84 mm), type 843-13, développant 95 ch et sera toujours disponible dans les deux versions (type R 1316 et 1326). Au printemps 1976, la voiture reçoit une carrosserie restylée, accompagnée d’évolutions d’équipement, mais sans modification technique. 

La production de la Renault 17 Gordini prend fin au début de 1978, avec 4247 unités de R 1316 et R 1326 ainsi que 3028 exemplaires de R 1317 et R 1327.

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