Les voitures sportives des années 60

Les années 60 connaissent la naissance de nombreuses voitures sportives devenues des mythes automobiles. 

L’Alpine A110

L’Alpine A110 est une voiture sportive de la marque Alpine produite à partir de 1962. Jean Rédélé après avoir été diplômé d’HEC Paris, envoie un rapport de stage à la direction de Renault, avec un point de vue novateur sur la stratégie commerciale de la marque. Celui-ci est convoqué au siège de Renault par le PDG Pierre Dreyfus. Pour mettre ses idées en action, il se voit confier la direction de la concession Renault à Dieppe à 24 ans. En 1950, il se lance dans la course automobile avec sa 4CV. Suite à sa victoire au “Mille Miglia” avec la Rédélé Spéciale, Jean Rédélé décide de créer sa marque automobile. Elle s’appelle Alpine et est vendue dans les concessions à Paris et à Dieppe. 

“C’est en sillonnant les Alpes à bords de ma 4CV Renault que je me suis le pluie amusé. J’ai donc décidé d’appeler mes futurs voitures “Alpine”. Il fallait que mes clients trouvent ce plaisir de conduire au volant de la voiture que je voulais construire” Jean Rédélé

En 1955, l’A106 est lancée suivra l’A108 puis l’A110 en 1962 conçue à partir d’organes de la Renault 8 Gordini. L’Alpine A110 est alors présentée au Salon automobile de Paris en 1962. Son moteur préparé de la R8 Major puis de la Gordini, son châssis poutre et sa carrosserie en fibre de verre font les caractéristique de la berlinette. L’A110 est disponible en berlinette Tour de France et en cabriolet dessinée par Giovanni Micheloth. 

Alpine A110 berlinette

Alpine A110 cabriolet

Sa renommée internationale vient des compétitions automobiles. Engagée dans de nombreux rallye nationaux et  l’A110 remporte de nombreuses victoires. 

A partir de 1969, l’Alpine A110 est équipée d’un moteur Cléon Alu de la Renault 16 TS délivrant 125 ch DIN, permettant à l’Alpine d’atteindre les 205 km/h. 

La Matra DJET

Voiture de sport biplace, la Matra DJET apparaît en 1962. Développée et produite à 198 exemplaires par le constructeur René Bonnet, elle est ensuite produite par Matra Sports (branche sportive du constructeur Matra) à 1495 exemplaires de 1964 à 1968.

René Bonnet dévoile la DJET au Salon automobile de Paris en 1962. Conçue initialement pour la course automobile, la berlinette est aussi développée en version routière. La DJET est fabriquée autour d’un moteur – boîte de vitesses de la Renault Estafette placé en position centrale arrière. Elle se dote d’un châssis poutre. La carrosserie monocoque est en polyester stratifié. 

Matra Sports reprend la DJET en 1964. La carrosserie de la DJET V est modifiée ainsi que le moteur remplacé par le Cléon Fonte Renault Sport Alpine Gordini. En juillet 1966, les Matra-Bonnet DJET 5 et DJET 5 S sont renommées Matra Sports JET 5 et et Matra Sports JET 6. Cette dernière est motorisée avec le moteur de la Renault Gordini 1300 de 1255 cm3 de 105 ch SAE pour 210 km/h. Elle est remplacée par la Matra 530 en 1967. 

La Jaguar Type E

Conçue au départ comme une voiture de compétition, la Type E est plus légère et équipée d’un moteur 6 cylindres de 2,4 litres développant 200 ch. La production débute en 1961 avec trois modèles : cabriolet, coupé et 2+2. 

La Jaguar Type E a une ligne moderne pour son époque. Elle est dessinée par l’aérodynamicien Malcolm Sayer. La Type E est dévoilée à la presse le 15 mars 1961 la veille du Salon automobile de Genève. La Jaguar Type E est moins chère que des concurrentes de l’époque (Ferrari, Aston Martin…). 

La Type E est inspirée de la Type D notamment par sa conception : caisse autoporteuse monocoque avec de faux châssis en tubes carrés Reynold’s à l’avant. En 1961, elle rencontre un grand succès dès sa présentation en particulier auprès des vedettes et personnalités de l’époque. 

Côté course automobile, la Jaguar Type E cumule un beau palmarès avec des prix dans les courses GT. 

La Ferrari 250 GTO

La Ferrari 250 GTO est une voiture de course grand tourisme produite à partir de 1962 à 36 exemplaires. 

Développée par l’ingénieur en chef Giotto Bizzarrini, la 250 GTO est conçue pour participer à des courses de Grand Tourisme. Le châssis est repris de la 250 GT SWB et associé à un moteur V12 de 3 litres provenant de Ferrari 250 Testa Rossa. La carrosserie est réalisée à partir du dessin initial de Bizzarrini puis Sergio Scaglietti donne la ligne finale à la voiture. Des essais en soufflerie et sur le circuit affinent le design final de la 250 GTO.

La Ferrari 250 GTO est présentée à la presse en janvier 1962. Il s’agit du seul modèle à moteur avant présenté, ses homologues monopostes et sport étant équipées d’un moteur central. Son moteur V12 de 2953 cm3 développe 300 ch. Elle atteint une vitesse maximale de 280 km/h. Ce modèle ne comportait pas de becquet arrière à l’origine mais il en est équipé avant le début de la compétition au circuit américain de Sebring en mars 1962. 

Ferrari a enchaîné les victoires entre 1962 et 1964. La Ferrari 250 GTO a pratiquement dominé sa catégorie, seule l’AC Cobra rivalise avec des performances au cours des dernières années de compétition. La 250 GTO s’est illustrée au Tour de France en 1963 et 1964, au Targa Florio dans la catégorie GT en 1962, 1963 et 1964, au Tourism trophy de Goodwood en 1962 et 1963, au Mans dans la catégorie GT en 1962 et 1963 et aux 1000 km de Nurburging en 1963 et 1964.

La 250 GTO est la dernière Ferrari 250 GT. Aussi à l’aise sur route que sur circuit, la 250 GTO est un véritable mythe automobile puisque les 36 exemplaires produits affichent une incroyable pédigrée. Aujourd’hui, la Ferrari 250 GTO se vend à plusieurs millions d’euros. 

L’AC Cobra

Le pilote Caroll Shelby veut développer une voiture capable de battre une Ferrari dans une course GT. Ce qui l’amène chez le constructeur anglais AC qui construit en petite quantité des voitures ressemblant à la Ferrari 166 et à la Talbot-Lago T26 GS Le Mans. Shelby souhaite acheter les châssis d’AC pour installer dessus le moteur V8 de la Ford Fairlane. Après quelques modifications du châssis, la première AC Cobra “260” est présentée en 1962. Des évolutions au niveau du moteur dans les années suivantes lui donnent une puissance de 271 ch pour la route et de 360 ch pour la version course automobile. 

En 1967, Shelby commercialise la Cobra 427 avec un châssis dont les deux tubes maîtres augmentent en diamètre, les ailes gonflées pour des pneus plus larges, des voies élargies et de nouvelles suspensions, à bras superposés et combinés ressorts / amortisseurs. Équipée d’un moteur V8 de 7 litres, elle développe 410 ch. Une version plus puissante développe 485 ch. Elle est produite à environ 1000 voitures de 1962 à 1969. Mais c’est une voiture qui connaît le plus de réplique notamment par Shelby lui-même dans les années 80 et par Brian Angliss dans les années 90. Des kit cars sont aussi commercialisés.

L’AC Cobra montre très vite son potentiel dans les courses automobiles dans la catégorie GT notamment en Europe.

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